Saint Pérégrin

Saint Pérégrin Laziosi

Né le : 1 mai 1265 à Forli (Italie)
Mort en : 1345
Canonisé en : 1726
Jour de Régal : 1 Mai
Saint patron des victimes de : SIDA, cancer, la maladie de peau

À 60 ans, à la veille de l'amputation d'une jambe, le Seigneur Jésus crucifié le guérit miraculeusement.

En 1726, lors de sa canonisation, le pape Benoit XIII le déclare patron des malades qui souffrent de maladies incurables, de maux de jambes...


BIOGRAPHIE

De la lignée des Laziosi

Il est fils unique et descendant de la lignée des Laziosi du côté paternel. Seule une tradition qui remonte aux premières décennies du XVIIe siècle (et donc difficilement contrôlable), identifie les parents du Saint sous les noms de Bérenger ["Berengario"] Laziosi et Flora ["Fiora"] des Aspini.

Rébellion à Forli (1282-83)

L'épisode qui est à l'origine de sa vocation s'inscrit dans le cadre des soulèvements tumultueux dans lesquels il se trouve à Forli, au temps de l'interdit de Martin IV (26 mars 1282 - 1er septembre 1283). Comme on le sait, la ville est devenue la forteresse des Gibelins de la Romagne, après que, en 1277, les Gibelins, avec en tête Guido de Montefeltro, aient défait leurs concitoyens guelfes. Pour ramener la ville en son pouvoir, Martin IV demande l'aide de Charles d'Anjou (1254-1309), qui confie le commandement de l'armée à son capitaine Jean d'Epa. Vu la puissance de l'armée guelfe, les Forlivois envoient des ambassadeurs auprès du pape, qui se trouve alors à Orvieto. Par un jeu d'intrigues bien calculées, les ambassadeurs ne sont pas immédiatement admis en présence du pape. Ainsi, Jean d'Epa gagne du temps et, à la vue des premiers succès, intime aux Gibelins l'ordre de se rendre. Devant le refus des Forlivois, Martin IV émet l'interdit de célébrer des messes et autres offices liturgiques en ville.

Un rebelle repentant devant Philippe, artisan de paix

En coïncidence justement avec ces faits racontés, on note la présence de saint Philippe Benizi, prieur général, peut-être en visite au couvent local. Un jour qu'il tente d'apaiser les esprits forlivois et de les ramener à la communion avec le Siège Apostolique, en d'autres mots, sous l'obéissance au pape, Philippe reçoit des coups et des injures et se voit chassé hors de la ville.
Et Pérégrin, jeune homme de dix-huit ans à cette époque, est au nombre des rebelles.
Mais la prière du Saint envers ses persécuteurs obtient la conversion du jeune Laziosi qui, touché par une telle attitude, rejoint saint Philippe pour se jeter en larmes à ses pieds et lui demander pardon.

Un fait longtemps passé sous silence

Sur cet événement de jeunesse du Saint -retenu comme inconvenant à son égard- déjà l'ancienne Légende semble avoir tiré un voile, en recourant à de pieux expédients. Par la suite, à compter du XVIe siècle, le fait est démenti explicitement par plusieurs. À dire vrai, il semble que même des composantes à caractère politique aient agi dans cette polémique. C'est ce que démontre la correspondance entretenue en 1672 entre le Conseil Communal de Forli et l'Index de Rome, au sujet d'une Vie de saint Philippe publiée l'année précédente par Giuseppe Grossi, de Piacenza. Dans cette correspondance, la révolte des Forlivois contre le pape et l'expulsion de saint Philippe sont définies comme "... une imposture faussement infligée ... surtout [pour] la foi jamais perdue de cette ville"!

Une chronologie faussée par les hagiographes

Par conséquent, pour ne pas impliquer Pérégrin dans le geste sacrilège de 1282-83, divers auteurs en déplacent la mort à 1402. Le premier des documents qui nous sont parvenus, dans lesquels est codifiée cette chronologie, est le Chronicon du frère Michel Poccianti (1567), qui déclare à son tour l'avoir tirée d'une tradition antérieure. Il est lui-même pour l'année 1402, en laissant entendre clairement cependant que ce report de la mort du Saint, est dû à la préoccupation de l'exclure de l'événement de 1282-83.
Le Chronicon du frère M. Poccianti (1567) est également la première source, dans l'ordre du temps, qui nous informe sur la prédication de saint Philippe à Forli durant l'interdit, affirmant explicitement que Pérégrin était un de ceux qui malmenèrent le Saint. Comme il l'avait fait déjà pour la chronologie de 1402, M. Poccianti assure recueillir là encore une tradition vivante dans l'Ordre. Ce qui pourrait être confirmé indirectement par le fait que déjà depuis la fin du XIVe siècle, un motif iconographique représente saint Pérégrin à côté de saint Philippe.
Après M. Poccianti, c'est l'Historia del b. Filippo du frère annaliste Arcangelo Giani (1604) qui rappelle l'expulsion de saint Philippe de Forli et le rôle qu'y joue le jeune Pérégrin Laziosi. À partir de ce moment-là, l'épisode est raconté par tous les biographes du Saint. Les Annales de l'Ordre (1618) en viennent même à affirmer -nous ne savons pas cependant avec quel degré de crédibilité- que Pérégrin giffla saint Philippe.
Avec la première décennie du XVIe siècle, la chronologie courte (c'est-à-dire celle de 1345) prévaut indiscutablement. Les extrêmes 1265-1345, qui apparaissent pour la première fois dans le Flos florum de Thomas de Vérone (v.1592), deviennent ainsi officielles. Toutefois, c'est seulement de nos jours, à la suite des articles du canoniste forlivois Mgr Adamo Pasini (á1964), que des études à caractère scientifique conseillent d'accepter la chronologie de 1265-1345, tout en admettant que de tels extrêmes soient passibles d'une légère oscillation.

Après la conversion

Des années qui suivirent immédiatement la première conversion de Pérégrin aux pieds de saint Philippe, nous ne pouvons rien dire avec certitude. Qu'il ait été accueilli par le Saint parmi ses pénitents, ou que ce dernier lui ait déjà concédé l'habit du Tiers-Ordre quand il était encore laïc, ce sont là des hypothèses théoriquement admissibles mais sans fondement.

L'entrée dans l'Ordre, à Sienne (1290-95)

Le jeune homme entra très certainement dans l'Ordre vers l'âge de trente ans, c'est-à-dire dans les années 1290-95. Il nous est permis de croire que son entrée «tardive» dans le couvent aurait été différée de quelques années, à cause des mesures prises par le deuxième Concile de Lyon (1274) contre les Mendiants. Contrairement à ce que prescrivent les Constitutions antiques -suivant lesquelles les nouveaux membres sont habituellement reçus dans le couvent de leur lieu d'origine -, il est reçu comme novice non pas dans le couvent de Forli, mais dans celui de Sienne. Cette mesure pouvait peut-être obvier aux inconvénients liés à son passé. Quoi qu'il en soit, dans le couvent siennois, il demeure peu de temps, peut-être même seulement pour l'année de noviciat. Là il fait la connaissance de deux confrères exemplaires : le bienheureux Joachim (1258-1305), frère laïc, et le bienheureux François (1266-1328), frère prêtre, tous deux de Sienne. Après l'âge de trente ans, il est renvoyé à sa ville natale, où il demeure pour tout le reste de sa vie. C'est lui probablement, le frère Pérégrin, qui apparaît sur un acte notarial du 15 janvier 1320, rédigé dans le couvent des Servites de Forli.

Un frère non prêtre, pénitent

Le Saint ne fut pas ordonné prêtre: ce qui ne surprend pas à une époque où les frères non prêtres étaient encore très nombreux dans l'Ordre. Et même, ce trait de sa figure répond assez bien à la teneur de vie humble et pénitente, décrite en termes clairs par la Légende. Pérégrin, en fait, se distingue dans l'observance monastique, pratiquant des exercices de pénitence et des oeuvres de miséricorde: prière au choeur, veilles, jeûnes, macérations, méditation continuelle de la Parole de Dieu, célébration fréquente du sacrement de la réconciliation. En vrai disciple du Christ, il secourt les pauvres et les habitants de la campagne. Et surtout, il aime la pénitence au plus haut degré. Parmi les exercices ascétiques, il privilégie celui de ne pas s'asseoir: pendant plus de trente ans, affirme la Légende, il persévère dans cette pratique pénitentielle singulière.

Un malade cancéreux (1325) Sanctuaire du Mont Senario - Toile de Michelangelo Bedini (XXe s.)

À l'âge de soixante ans, cet exercice prolongé -ne jamais s'asseoir- dégénère en une plaie à la jambe droite, causée par des veines variqueuses.
Le mal connaît de tels développements, que la puanteur de la gangrène rend le patient insupportable jusqu'à lui-même. L'humble frère serviteur en souffre beaucoup. Toutefois, aucune lamentation ne sort de sa bouche, conscient qu'il est que la vertu devient plus sage dans le creuset de la souffrance.

La guérison, une nuit, près du Crucifié

Le médecin du couvent, un dénommé Paul de Salaghis, est appelé à son secours. Il ne voit pas d'autre remède que de l'amputer de sa jambe, afin d'empêcher le mal de progresser et de lui être fatal. C'est aussi l'avis de tous.
La nuit précédant l'intervention chirurgicale, Pérégrin décide finalement de s'en remettre au Christ, son Sauveur. Il se traîne comme il peut jusqu'à la Salle du Chapitre. Là, devant une peinture du Christ en croix (qui s'y trouve encore de nos jours), il prie ardemment le Seigneur de le guérir. Le mal devenu intolérable, il sombre dans le sommeil. En songe -raconte la Légende-, il lui semble voir Jésus, médecin des coeurs et des corps, descendre de la croix et lui guérir la jambe. Bientôt réveillé, Pérégrin s'aperçoit qu'il est tout à fait guéri: il avait expérimenté dans son corps la résurrection du Christ! Rendant grâce à Dieu, il retourne à sa cellule. Venu le matin suivant pour l'amputation, le médecin ne trouve plus aucun signe de tumeur, pas même quelque cicatrice. Cette guérison merveilleuse accroît encore envers Pérégrin la vénération des Forlivois qui, anxieux, suivaient l'évolution de sa maladie.

La mort (1345)

Vingt ans plus tard, vers 1345, il meurt, à la suite d'une fièvre virulente.
Il avait près de quatre-vingts ans.
Le 1er mai comme dies natalis est attesté -dans la mesure où l'on peut le constater- par le Martyrologe de Maurolico, dans l'édition de 1576 (f.28v).
Son corps est vénéré dans l'église annexe au couvent des Servites à Forli.

Origine de la biographie : Sanctuaire Saint-Pérégrin, 2550 Biencourt, Sainte-Foy, Québec Saint Pérégrin Laziosi
Saint Pérégrin

Saint Pérégrin Laziosi

Né le : 1 mai 1265 à Forli (Italie)
Mort en : 1345
Canonisé en : 1726
Jour de Régal : 1 Mai
Saint patron des victimes de : SIDA, cancer, la maladie de peau

À 60 ans, à la veille de l'amputation d'une jambe, le Seigneur Jésus crucifié le guérit miraculeusement.

En 1726, lors de sa canonisation, le pape Benoit XIII le déclare patron des malades qui souffrent de maladies incurables, de maux de jambes...


BIOGRAPHIE

De la lignée des Laziosi

Il est fils unique et descendant de la lignée des Laziosi du côté paternel. Seule une tradition qui remonte aux premières décennies du XVIIe siècle (et donc difficilement contrôlable), identifie les parents du Saint sous les noms de Bérenger ["Berengario"] Laziosi et Flora ["Fiora"] des Aspini.

Rébellion à Forli (1282-83)

L'épisode qui est à l'origine de sa vocation s'inscrit dans le cadre des soulèvements tumultueux dans lesquels il se trouve à Forli, au temps de l'interdit de Martin IV (26 mars 1282 - 1er septembre 1283). Comme on le sait, la ville est devenue la forteresse des Gibelins de la Romagne, après que, en 1277, les Gibelins, avec en tête Guido de Montefeltro, aient défait leurs concitoyens guelfes. Pour ramener la ville en son pouvoir, Martin IV demande l'aide de Charles d'Anjou (1254-1309), qui confie le commandement de l'armée à son capitaine Jean d'Epa. Vu la puissance de l'armée guelfe, les Forlivois envoient des ambassadeurs auprès du pape, qui se trouve alors à Orvieto. Par un jeu d'intrigues bien calculées, les ambassadeurs ne sont pas immédiatement admis en présence du pape. Ainsi, Jean d'Epa gagne du temps et, à la vue des premiers succès, intime aux Gibelins l'ordre de se rendre. Devant le refus des Forlivois, Martin IV émet l'interdit de célébrer des messes et autres offices liturgiques en ville.

Un rebelle repentant devant Philippe, artisan de paix

En coïncidence justement avec ces faits racontés, on note la présence de saint Philippe Benizi, prieur général, peut-être en visite au couvent local. Un jour qu'il tente d'apaiser les esprits forlivois et de les ramener à la communion avec le Siège Apostolique, en d'autres mots, sous l'obéissance au pape, Philippe reçoit des coups et des injures et se voit chassé hors de la ville.
Et Pérégrin, jeune homme de dix-huit ans à cette époque, est au nombre des rebelles.
Mais la prière du Saint envers ses persécuteurs obtient la conversion du jeune Laziosi qui, touché par une telle attitude, rejoint saint Philippe pour se jeter en larmes à ses pieds et lui demander pardon.

Un fait longtemps passé sous silence

Sur cet événement de jeunesse du Saint -retenu comme inconvenant à son égard- déjà l'ancienne Légende semble avoir tiré un voile, en recourant à de pieux expédients. Par la suite, à compter du XVIe siècle, le fait est démenti explicitement par plusieurs. À dire vrai, il semble que même des composantes à caractère politique aient agi dans cette polémique. C'est ce que démontre la correspondance entretenue en 1672 entre le Conseil Communal de Forli et l'Index de Rome, au sujet d'une Vie de saint Philippe publiée l'année précédente par Giuseppe Grossi, de Piacenza. Dans cette correspondance, la révolte des Forlivois contre le pape et l'expulsion de saint Philippe sont définies comme "... une imposture faussement infligée ... surtout [pour] la foi jamais perdue de cette ville"!

Une chronologie faussée par les hagiographes

Par conséquent, pour ne pas impliquer Pérégrin dans le geste sacrilège de 1282-83, divers auteurs en déplacent la mort à 1402. Le premier des documents qui nous sont parvenus, dans lesquels est codifiée cette chronologie, est le Chronicon du frère Michel Poccianti (1567), qui déclare à son tour l'avoir tirée d'une tradition antérieure. Il est lui-même pour l'année 1402, en laissant entendre clairement cependant que ce report de la mort du Saint, est dû à la préoccupation de l'exclure de l'événement de 1282-83.
Le Chronicon du frère M. Poccianti (1567) est également la première source, dans l'ordre du temps, qui nous informe sur la prédication de saint Philippe à Forli durant l'interdit, affirmant explicitement que Pérégrin était un de ceux qui malmenèrent le Saint. Comme il l'avait fait déjà pour la chronologie de 1402, M. Poccianti assure recueillir là encore une tradition vivante dans l'Ordre. Ce qui pourrait être confirmé indirectement par le fait que déjà depuis la fin du XIVe siècle, un motif iconographique représente saint Pérégrin à côté de saint Philippe.
Après M. Poccianti, c'est l'Historia del b. Filippo du frère annaliste Arcangelo Giani (1604) qui rappelle l'expulsion de saint Philippe de Forli et le rôle qu'y joue le jeune Pérégrin Laziosi. À partir de ce moment-là, l'épisode est raconté par tous les biographes du Saint. Les Annales de l'Ordre (1618) en viennent même à affirmer -nous ne savons pas cependant avec quel degré de crédibilité- que Pérégrin giffla saint Philippe.
Avec la première décennie du XVIe siècle, la chronologie courte (c'est-à-dire celle de 1345) prévaut indiscutablement. Les extrêmes 1265-1345, qui apparaissent pour la première fois dans le Flos florum de Thomas de Vérone (v.1592), deviennent ainsi officielles. Toutefois, c'est seulement de nos jours, à la suite des articles du canoniste forlivois Mgr Adamo Pasini (á1964), que des études à caractère scientifique conseillent d'accepter la chronologie de 1265-1345, tout en admettant que de tels extrêmes soient passibles d'une légère oscillation.

Après la conversion

Des années qui suivirent immédiatement la première conversion de Pérégrin aux pieds de saint Philippe, nous ne pouvons rien dire avec certitude. Qu'il ait été accueilli par le Saint parmi ses pénitents, ou que ce dernier lui ait déjà concédé l'habit du Tiers-Ordre quand il était encore laïc, ce sont là des hypothèses théoriquement admissibles mais sans fondement.

L'entrée dans l'Ordre, à Sienne (1290-95)

Le jeune homme entra très certainement dans l'Ordre vers l'âge de trente ans, c'est-à-dire dans les années 1290-95. Il nous est permis de croire que son entrée «tardive» dans le couvent aurait été différée de quelques années, à cause des mesures prises par le deuxième Concile de Lyon (1274) contre les Mendiants. Contrairement à ce que prescrivent les Constitutions antiques -suivant lesquelles les nouveaux membres sont habituellement reçus dans le couvent de leur lieu d'origine -, il est reçu comme novice non pas dans le couvent de Forli, mais dans celui de Sienne. Cette mesure pouvait peut-être obvier aux inconvénients liés à son passé. Quoi qu'il en soit, dans le couvent siennois, il demeure peu de temps, peut-être même seulement pour l'année de noviciat. Là il fait la connaissance de deux confrères exemplaires : le bienheureux Joachim (1258-1305), frère laïc, et le bienheureux François (1266-1328), frère prêtre, tous deux de Sienne. Après l'âge de trente ans, il est renvoyé à sa ville natale, où il demeure pour tout le reste de sa vie. C'est lui probablement, le frère Pérégrin, qui apparaît sur un acte notarial du 15 janvier 1320, rédigé dans le couvent des Servites de Forli.

Un frère non prêtre, pénitent

Le Saint ne fut pas ordonné prêtre: ce qui ne surprend pas à une époque où les frères non prêtres étaient encore très nombreux dans l'Ordre. Et même, ce trait de sa figure répond assez bien à la teneur de vie humble et pénitente, décrite en termes clairs par la Légende. Pérégrin, en fait, se distingue dans l'observance monastique, pratiquant des exercices de pénitence et des oeuvres de miséricorde: prière au choeur, veilles, jeûnes, macérations, méditation continuelle de la Parole de Dieu, célébration fréquente du sacrement de la réconciliation. En vrai disciple du Christ, il secourt les pauvres et les habitants de la campagne. Et surtout, il aime la pénitence au plus haut degré. Parmi les exercices ascétiques, il privilégie celui de ne pas s'asseoir: pendant plus de trente ans, affirme la Légende, il persévère dans cette pratique pénitentielle singulière.

Un malade cancéreux (1325) Sanctuaire du Mont Senario - Toile de Michelangelo Bedini (XXe s.)

À l'âge de soixante ans, cet exercice prolongé -ne jamais s'asseoir- dégénère en une plaie à la jambe droite, causée par des veines variqueuses.
Le mal connaît de tels développements, que la puanteur de la gangrène rend le patient insupportable jusqu'à lui-même. L'humble frère serviteur en souffre beaucoup. Toutefois, aucune lamentation ne sort de sa bouche, conscient qu'il est que la vertu devient plus sage dans le creuset de la souffrance.

La guérison, une nuit, près du Crucifié

Le médecin du couvent, un dénommé Paul de Salaghis, est appelé à son secours. Il ne voit pas d'autre remède que de l'amputer de sa jambe, afin d'empêcher le mal de progresser et de lui être fatal. C'est aussi l'avis de tous.
La nuit précédant l'intervention chirurgicale, Pérégrin décide finalement de s'en remettre au Christ, son Sauveur. Il se traîne comme il peut jusqu'à la Salle du Chapitre. Là, devant une peinture du Christ en croix (qui s'y trouve encore de nos jours), il prie ardemment le Seigneur de le guérir. Le mal devenu intolérable, il sombre dans le sommeil. En songe -raconte la Légende-, il lui semble voir Jésus, médecin des coeurs et des corps, descendre de la croix et lui guérir la jambe. Bientôt réveillé, Pérégrin s'aperçoit qu'il est tout à fait guéri: il avait expérimenté dans son corps la résurrection du Christ! Rendant grâce à Dieu, il retourne à sa cellule. Venu le matin suivant pour l'amputation, le médecin ne trouve plus aucun signe de tumeur, pas même quelque cicatrice. Cette guérison merveilleuse accroît encore envers Pérégrin la vénération des Forlivois qui, anxieux, suivaient l'évolution de sa maladie.

La mort (1345)

Vingt ans plus tard, vers 1345, il meurt, à la suite d'une fièvre virulente.
Il avait près de quatre-vingts ans.
Le 1er mai comme dies natalis est attesté -dans la mesure où l'on peut le constater- par le Martyrologe de Maurolico, dans l'édition de 1576 (f.28v).
Son corps est vénéré dans l'église annexe au couvent des Servites à Forli.

Origine de la biographie : Sanctuaire Saint-Pérégrin, 2550 Biencourt, Sainte-Foy, Québec